Bois de la Héronnière à Limal : le ministre Desquesnes a refusé le permis
C'est la fin d'un feuilleton de plus de deux ans, sauf recours au Conseil d'État : le ministre wallon du Territoire, François Desquesnes (Les Engagés), a signé le lundi 5 octobre 2026 le refus de permis pour les trois immeubles du bois de la Héronnière, à Limal (Wavre). Son cabinet l'a confirmé le mardi 6 octobre à BrabantNews.
Par Philippe Loneux Publié le Mis à jour le 3 min de lecture
Illustration : BrabantNews
Sommaire de l'article
Héronnière à Limal : le refus de permis signé par le ministre
Le promoteur Rooftop 2 voulait construire trois immeubles de sept étages, soit 81 logements, sur la parcelle boisée de 2,8 hectares de l’avenue du Domaine, face au complexe sportif de Limal. La Ville de Wavre avait refusé le permis fin mai 2026 ; le promoteur avait introduit un recours auprès de la Région wallonne.
« Le ministre a signé le refus de permis ce lundi », a indiqué à BrabantNews l’attachée de presse du ministre, Maëline Shytaj.
Ce que dit la décision
Le cabinet du ministre a transmis à BrabantNews l’arrêté ministériel, daté du 5 octobre 2026 et signé par François Desquesnes. Le document confirme que le recours introduit par la SRL Rooftop 2 est recevable, mais que le permis d’urbanisme pour les trois immeubles de 27 appartements chacun « est refusé ».
Le ministre ne conteste pas le principe d’une densification à cet endroit. La décision relève que le terrain est situé en zone d’habitat au plan de secteur et que la densité projetée d’environ 30 logements à l’hectare reste compatible avec les outils d’aménagement en vigueur.
Pour ne rien manquer des prochaines mises à jour, suivez BrabantNews sur Facebook.
Un bois jugé irremplaçable
C’est sur les incidences environnementales que le refus se joue. La décision décrit le site comme « un des rares espaces forestiers continus du quartier », avec « une fonction écologique incontestable ». Elle écarte l’argument des plantations compensatoires avancé par le promoteur : « la valeur écologique d’un boisement mature ne peut être assimilée à la seule addition du nombre d’arbres présents ou replantés ». Les milieux recréés nécessiteraient « plusieurs décennies » avant d’atteindre une maturité comparable.
Le ministre pointe aussi la présence humaine permanente qu’induiraient les 81 logements, avec des nuisances lumineuses et sonores durables pour les espèces présentes, ainsi que des gabarits « susceptibles d’impacter durablement le caractère paysager du coteau boisé ». Le chemin d’accès, en forte pente, est jugé « peu praticable à pied ou à vélo ».
La dérogation du 22 septembre ne suffisait pas
La décision répond directement à la question que beaucoup se posaient depuis l’octroi de la dérogation espèces protégées par la ministre Anne-Catherine Dalcq : « l’octroi de la dérogation aux mesures de protection des espèces dans le cadre de la réalisation d’un projet de construction n’entraine pas nécessairement l’octroi du permis d’urbanisme ».
Conclusion de l’arrêté : si la densité projetée est admissible, « les incidences du projet sur le cadre naturel et humain environnant demeurent incompatibles avec les exigences du bon aménagement des lieux ».
Un refus après la dérogation accordée par la ministre Dalcq
Le refus intervient alors que le promoteur avait obtenu, le 22 septembre, la dérogation à la protection des espèces accordée sur recours par la ministre Anne-Catherine Dalcq (MR), après deux avis négatifs de l’administration. Le promoteur présentait cette dérogation comme le dernier frein avant le permis.
La décision du ministre confirme donc le refus de la Ville de Wavre, qui invoquait la préservation du bois comme corridor écologique, l’impact paysager des immeubles et la mobilité. Le dossier avait fortement mobilisé les riverains : 163 réclamations et une pétition de 1 059 signatures lors de la première enquête publique, 995 réclamations lors de la seconde.
Sollicité par BrabantNews, le promoteur n’avait pas réagi au moment de la publication.
Et maintenant ?
La décision ouvre formellement la voie d’un recours au Conseil d’État pour le promoteur. Si Rooftop 2 s’en saisit, la procédure pourrait durer plusieurs mois, voire davantage. Sans recours, le refus devient définitif.
Pour comprendre le dossier
- Bois de la Héronnière à Limal : le ministre doit trancher sur les 81 logements, notre dossier complet ;
- Refusée par le DNF, la dérogation a été accordée par la ministre Dalcq, les coulisses de la dérogation.
Les autres dossiers de la commune sont sur la page Vivre à Wavre.
Ne ratez plus l'essentiel du Brabant wallon
Un courriel seulement quand ça en vaut la peine : route fermée, grève, décision de votre commune, info en primeur ou bon plan pratique. Désinscription en un clic, adresse jamais cédée.
Nouveau : les actus de votre commune aussi sur Facebook.
Suivre la pageVous en savez plus, ou vous avez une autre info dans votre commune ?
Écrivez à la rédaction. Nous vérifions avant de publier et ne citons jamais une source sans son accord.
Questions fréquentes
Le permis de la Héronnière à Limal a-t-il été refusé ?
Oui. Le ministre wallon du Territoire, François Desquesnes, a signé le lundi 5 octobre 2026 le refus de permis pour les trois immeubles du bois de la Héronnière, à Limal (Wavre), a confirmé son cabinet à BrabantNews le 6 octobre 2026.
Pourquoi le permis de la Héronnière a-t-il été refusé ?
Selon l'arrêté ministériel du 5 octobre 2026, dont BrabantNews a obtenu copie, la densité projetée est admissible, mais « les incidences du projet sur le cadre naturel et humain environnant demeurent incompatibles avec les exigences du bon aménagement des lieux ». Le ministre décrit le site comme « un des rares espaces forestiers continus du quartier ».
Le promoteur de la Héronnière peut-il encore construire ?
Le promoteur Rooftop 2 peut contester le refus devant le Conseil d'État, qui juge la légalité de la décision. Sans recours, le bois reste en l'état, mais le terrain demeure en zone d'habitat au plan de secteur : un nouveau projet y reste juridiquement possible.
Combien de logements prévoyait le projet de la Héronnière ?
81 logements, dans trois immeubles de sept étages, sur une parcelle boisée de 2,8 hectares de l'avenue du Domaine, face au complexe sportif de Limal.